| Ecrit par Matou,
le 03-02-2008
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Hier soir, à la fin du match de coupe de France contre Le Mans, Messieurs Pavon et Gasset ont tenu à m'emmener fêter la victoire bordelaise. Pour tout vous dire, je n'étais pas particulièrement emballé à cette idée. Ça avait été un match sérieux, sans plus, pas de quoi en faire une montagne. Mais j'ai été flatté par leur insistance, et je les ai accompagné. On a fait la tournée des cafés bordelais. Moi qui suis plus habitué à une ambiance classieuse, ça m'a fait drôle de me retrouver dans des bars PMU, où la loi sur le tabac n'est pas encore appliquée apparament. A chaque nouvel établissement visité, les deux compères offraient ce qu'ils appelaient le “Girondin Tour” à toute l'assemblée. Plus simplement, il s'agit pour eux d'offrir un ricard à chaque personne présente. Autant dire que l'acceuil leur était chaleureux. Moi, après le deuxième bar, je commençais à en avoir assez. Je leur ai dit que j'allais partir, que les excursions touristiques, c'était bien sympathique, mais que je n'aimais pas trop ce type d'ambiance, et que je commençais à être fatigué. Là, les frères K-wet (comme ils aiment se faire appeler dans ces troquets) m'ont fixé du regard, et m'ont fait la morale. Selon eux, si je n'arrivais pas à hausser mon niveau de jeu d'ici la fin de saison, c'était ce genre d'ambiance en Ligue 2 qui m'attendait pour ma carrière. Aussi, pour eux, je pouvais faire une nanalogie (comme ils disent en rigolant) entre le monde du football pro et les cafés. La Ligue des Champions, c'est l'ambiance petit four, coupe de champagne, coincé du derrière, ambiance jazzy de leurs parties (ils n'ont pas utilisé exactement ce terme là). La Ligue 1 est un bar sympathique, petit ambiance branchée, cocktail maison, canapés. Et plus on descend de division, plus le café tourne à la gargote, le routier, le troquet bruyant, enfumé. Eux, à vrai dire, ils aiment bien ce genre d'endroit, mais pour moi, qui suis encore jeune, il est encore temps que je me hisse vers d'autres chorizons (comme ils disent en rigolant encore). C'est là que je me suis dit que derrière leurs airs de gens directs, ils étaient en fait plus subtils que je le pensais. Le respect que je commençais à éprouver pour eux, vénérables anciens gens du crus, était cependant entaché de fautes de mauvais goût, éructations et blagues grivoises, qui me faisaient rougir de honte. Ils m'ont aussi dit qu'à mon poste, je devais plus influencer le jeu. Au final, j'ai plus été influençable, puisqu'on a fait les 400 coups. Enfin, je n'en ai fait qu'un, au plus, et eux le reste. J'ai perdu le fil du temps et des évènements après mon deuxième panaché. En rentrant chez moi, j'ai dégobillé, la chandeleur avant l'heure.
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